Le petit sac à dos est prêt, les crayons sont identifiés et les vêtements attendent sagement dans la garde-robe. Pourtant, à quelques jours de sa rentrée en maternelle, votre enfant vous annonce : « Moi, je ne veux pas aller à l’école! »
Derrière cette phrase peuvent se cacher plusieurs inquiétudes : la peur de vous quitter, de ne connaître personne, de ne pas savoir quoi faire ou de se perdre dans un endroit inconnu.
Comment accompagner un enfant qui ne veut pas aller à l’école sans nier ses émotions, ni alimenter ses craintes?
Voici six gestes tout simples à poser avant le grand jour.
1. Écouter avant de vouloir rassurer
Notre premier réflexe est souvent de répondre : « Mais voyons, ça va être amusant! » ou « Tu vas voir, tu vas adorer ça! »
Même si l’intention est bonne, ces paroles ne répondent pas nécessairement à ce qui préoccupe l’enfant. Avant de tenter de le convaincre, mieux vaut chercher à comprendre ce qui se cache derrière son refus.
Vous pouvez simplement lui demander :
- « Qu’est-ce qui te fait dire que tu ne veux pas y aller? »
- « À quoi penses-tu quand tu imagines l’école? »
- « Y a-t-il quelque chose que tu aimerais savoir? »
Il n’a peut-être pas de réponse immédiate. Laissez la porte ouverte, sans multiplier les questions.à
2. Accepter qu’il s’exprime autrement
Certains enfants parlent facilement de leurs émotions. D’autres les expriment par leurs comportements, leurs jeux ou même par l’intermédiaire d’un toutou.
Vous pourriez demander à votre enfant :
- « Comment crois-tu que ton toutou se sentirait à l’école? »
- « Qu’est-ce qui pourrait l’aider à se sentir mieux? »
- « Veux-tu dessiner sa première journée? »
Parler à travers un personnage permet parfois à l’enfant de révéler ce qu’il n’arrive pas encore à nommer directement.
3. Répondre à une inquiétude à la fois
Il n’est pas nécessaire de prévoir toutes les peurs possibles. En demandant constamment à votre enfant s’il craint de se perdre, de ne pas avoir d’amis ou de ne pas retrouver ses choses, vous pourriez lui souffler des inquiétudes auxquelles il n’avait même pas pensé.
Attendez plutôt ses questions, puis répondez-y simplement et concrètement.
S’il demande : « Et si tu n’es pas là quand je termine? », expliquez-lui précisément qui viendra le chercher et à quel moment. S’il se demande s’il pourra jouer au ballon, dites-lui ce que vous savez… et reconnaissez ce que vous ignorez encore.
Une réponse honnête et précise rassure souvent davantage qu’un grand « Tout va bien aller! »
4. Rendre la rentrée en maternelle plus concrète
À quelques jours de la rentrée, nul besoin d’organiser une préparation compliquée. Vous pouvez passer devant l’école, regarder la cour, refaire le trajet ou repérer la porte par laquelle les enfants entreront.
À la maison, racontez brièvement le déroulement probable du matin : se lever, déjeuner, s’habiller, partir, dire au revoir, puis se retrouver après l’école.
Les routines aident les enfants à prévoir ce qui s’en vient et peuvent réduire leur stress, rappelle Alloprof. Quelques repères concrets suffisent parfois à calmer une partie de la peur de la rentrée scolaire.
5. Lui rappeler ce qui restera pareil
Une rentrée en maternelle apporte beaucoup de nouveautés, mais tout ne change pas.
Rappelez à votre enfant qu’après sa journée, il retrouvera son toutou, sa chambre, son histoire du soir ou un petit moment avec vous. Ce ne sont pas des récompenses : ce sont des points de repère.
Vous pouvez également prévoir une activité familière après l’école, comme jouer dehors, grimper au parc ou prendre une petite collation ensemble. L’école prendra une nouvelle place dans sa vie sans faire disparaître ses plaisirs ni ses liens habituels.
6. Lui transmettre votre confiance
Les parents aussi peuvent ressentir une certaine angoisse à l’approche de la rentrée. Sans cacher toutes vos émotions, essayez de transmettre à votre enfant que vous avez confiance en sa capacité à s’adapter et envers les adultes qui l’accueilleront.
Le matin de la rentrée, un au revoir tendre, clair et relativement bref est généralement plus sécurisant qu’un départ qui s’éternise. Vous pouvez lui dire :
« Je sais que c’est nouveau et que tu aurais préféré rester avec moi. Ton enseignante va prendre soin de toi et je reviendrai après l’école. »
S’il pleure, cela ne signifie pas nécessairement que toute sa journée sera difficile. Montrez-lui que vous avez confiance envers le personnel et évitez d’étirer la séparation.
De nombreuses fois lorsque j’enseignais en maternelle, j’ai été témoin d’adieux déchirants qui laissaient présager le pire. Et pourtant, dès que les parents partaient, la plupart d’entre eux se laissaient prendre au jeu et passaient une très belle journée.
Un livre pour préparer la rentrée en maternelle
Dans l’album Non ! Je veux pas y aller !, Martin affirme que c’est son doudou qui pleure et qui ne veut pas aller à l’école. Sa maman ne le corrige pas et ne banalise pas son émotion. Elle explique simplement que son doudou est peut-être inquiet parce qu’il ne connaît pas ce nouvel endroit.
Au fil de l’histoire, les parents de Martin répondent calmement à ses questions, lui font découvrir son école et l’aident à apprivoiser cette nouvelle étape. Ils ne lui promettent pas une école parfaite et ne cherchent pas à lui mettre des mots dans la bouche.
Avec ses illustrations tendres, ce livre sur la rentrée en maternelle offre ainsi une belle occasion d’ouvrir la discussion sur le ressenti de votre enfant.
Celui-ci n’a pas besoin que vous fassiez disparaître toutes ses inquiétudes avant son entrée à la maternelle. Il a surtout besoin de sentir qu’il peut vous les confier et que vous serez là pour l’aider à traverser ce nouveau départ.
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Et puisque les relations avec les autres occupent une grande place à l’école, voici aussi un album jeunesse et quelques pistes pour l’aider à se faire des amis.

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